article · Revue Ecosystèmes et Paysages
Dans un contexte mondial marqué par une diminution alarmante de biodiversité, des efforts de conservation se multiplient pour protéger et restaurer cette espèce emblématique qu’est la girafe. Le Niger, en collaboration avec divers partenaires, a initié en 2018 un projet de translocation des girafes (Giraffa camelopardalis peralta) de Kouré vers la Réserve de Biosphère de Gadabédji. Cinq ans après cette opération, il est crucial d'évaluer les résultats de cette intervention afin de fournir des bases scientifiques solides pour une gestion durable des girafes réintroduites. Cette étude se propose de combler cette lacune en évaluant l'adaptation des girafes à leur nouvel environnement ainsi que l'efficacité des stratégies de gestion mises en œuvre. La méthodologie repose sur des observations comportementales directes des girafes, notamment dans leurs activités quotidiennes, ainsi que des enquêtes sociologiques auprès des populations locales pour recueillir leurs perceptions et évaluer l'impact de la translocation sur cette communauté. Les résultats montrent que l'alimentation constitue l'activité principale des girafes, avec un pic d'activité entre 9h et 12h. Leur régime alimentaire est dominé par 11 espèces végétales, avec une préférence pour les Mimosacées parmi lesquelles Acacia ehrenbergiana (29,31 %), Sclerocarya birrea (18,96 %) et Acacia nilotica (12,06 %). Les enquêtes ont révélé une perception largement positive de la translocation au sein des communautés locales. La cohabitation entre les girafes, les habitants et leur bétail se déroule sans conflits majeurs, avec un fort espoir des populations locales de bénéficier des retombées du développement du tourisme et des projets générateurs de revenus. Cependant, des défis subsistent, notamment l'insuffisance de la couverture téléphonique, entravant la communication rapide avec les services de conservation en cas de déplacements non contrôlés des girafes hors de la réserve, ainsi qu'un manque de ressources financières pour un suivi rigoureux. Enfin, cette étude a pu montrer que les girafes se sont bien adaptées à leur nouvel habitat. La gestion participative au sein de la Réserve de Biosphère de Gadabédji semble prometteuse pour assurer la conservation à long terme de cette espèce, malgré les défis à surmonter. Ces résultats offrent des perspectives essentielles pour orienter les futures interventions de conservation et de gestion des espèces transloquées.
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DOI: 10.59384/recopays.tg.v5i1.150
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