article · African Journal of Empirical Research
Face à la déforestation alarmante liée à la pression anthropique autour de la réserve de biosphère de Yangambi en République démocratique du Congo, l’introduction d’essences à croissance rapide comme le Teck (Tectona grandis) représente une alternative durable. Cependant, cette essence est exotique et totalement inconnue des populations de Yanonge. On ignore encore comment le Teck s'adapte aux conditions écologiques locales et comment sa croissance juvénile interagit avec les systèmes agraires régionaux selon l'origine des semences. Cette étude vise à évaluer la possibilité de cette introduction à travers deux objectifs : (i) déterminer le taux de reprise et de mortalité des plants en fonction des plantes mères et des associations, et (ii) évaluer la vitesse de croissance juvénile selon ces mêmes facteurs. Le dispositif expérimental a été installé sur un terrain plat de 2,25 ha, subdivisé en 9 blocs. Trois traitements sylvicoles (répétés 3 fois) ont été testés : Teck en monoculture (T3), Teck associé aux cultures vivrières maïs/arachide (T2), et Teck associé aux cultures pérennes cacaoyer/bananier (T1). Les plantules ont été issues de trois plantes mères (PM1, PM2, PM3). Les mesures dendrométriques (hauteur et diamètre au collet) ont été effectuées à un intervalle régulier de 3 mois pendant un an sur un échantillon validé de 654 individus. Les résultats révèlent une excellente réussite d'établissement, avec un taux de reprise global supérieur à 93 %. L'analyse statistique (Kruskal-Wallis, (p < 0,05) montre que les associations ont une influence hautement significative sur la croissance en diamètre (p = 0,0001), le système Teck + Maïs + Arachide (T2) stimulant le plus le développement radial (0,91 mm/mois). En revanche, aucun effet statistiquement significatif n’a été observé sur la croissance en hauteur (p = 0,4339). L'effet de la plante mère s'est avéré déterminant pour la survie initiale (PM1 affichant 96,36 % de reprise), mais s'est estompé sur la croissance. En conclusion, l'introduction du Teck à Yanonge est techniquement viable. Il est pratiquement recommandé aux structures de reboisement et aux décideurs politiques de vulgariser l’association Teck + Maïs + Arachide, car elle concilie la production de bois d'œuvre, le maintien du potentiel de séquestration du carbone et la sécurité alimentaire immédiate des communautés locales.
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DOI: 10.51867/ajernet.7.2.124
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